| Chaque
chirurgien adopte une technique qui lui est propre et qu'il adapte
à chaque cas pour obtenir les meilleurs résultats.
Toutefois, on peut retenir des principes de base communs :
Incision
cutanée
L'implant est introduit par une courte incision située
:
o soit sur l'aréole,
o soit dans la région de l'aisselle,
o soit dans le pli sous mammaire.
Position
de l'implant
La loge qui est aménagée par décollement
et dans laquelle la prothèse est implantée est située
:
o soit derrière la glande et devant le muscle grand pectoral
o soit derrière la glande mammaire et derrière le
muscle, grand pectoral
Gestes
associés
En
cas de ptose mammaire (seins tombants, aréole basse), il
est souhaitable d'associer un geste de réduction de l'enveloppe
cutanée ce qui implique une rançon cicatricielle
plus importante (périaréolaire, verticale).
Il
est possible qu'un drain soit laissé en place quelques
jours après l'intervention de manière à ce
que le sang ou le liquide qui peuvent se collecter soient éliminés.
En fin d'intervention, un pansement modelant, avec des bandes
élastiques en forme de soutien-gorge, est confectionné.
En
fonction du chirurgien et de la nécessité éventuelle
d'un geste complémentaire associé, l'intervention
peut durer de 1 à 2 heures.
LES
INCONVÉNIENTS ET RISQUES SPÉCIFIQUES
Il
est possible que la cicatrice ait une évolution anormale,
sous forme d'épaississement ou de rétraction.
Des douleurs des seins, des troubles de la sensibilité
mamelonnaire sont également possibles.
D'autre part, une insatisfaction du résultat esthétique
peut motiver une réintervention après avis du chirurgien.
Les
risques spécifiques aux implants mammaires :
Ils sont de trois ordres qui varient en fonction de la nature
du produit de remplissage de l'implant (voir tableau).
Il s'agit de la formation de plis ou de vagues, de la survenue
d'une contracture capsulaire péri-prothétique et
enfin du risque de rupture ou de dégonflement.
Formation de plis ou aspect de " vagues "
L'implant, pour rester souple, n'est jamais rempli sous tension.
De ce fait, les plis de l'enveloppe de la prothèse peuvent
être visibles sous la peau, donnant alors un aspect de "
vagues " notamment dans les parties supérieure, externe
et inférieure du sein. Cet aspect est limité dans
la partie supérieure en cas de mise en place en position
rétro-musculaire. Ce phénomène est nettement
plus fréquent lorsque la prothèse est remplie de
sérum physiologique, surtout si sa paroi est texturée.
Il expose davantage au risque de rupture et de dégonflement
par usure prématurée de l'enveloppe au niveau d'un
pli.
Contracture capsulaire et coque fibreuse
La formation d'une capsule fibreuse autour d'un implant est obligatoire.
C'est une réaction normale de l'organisme qui forme une
sorte de membrane fibreuse autour de tout corps étranger
afin de l'isoler et de se protéger ("membrane ou capsule
d'exclusion").
Dans certains cas, cette membrane est le siège d'une évolution
défavorable comparable aux chéloïdes des cicatrices
cutanées ou brides cicatricielles rétractiles :
elle s'épaissit, se rétracte et forme une véritable
coque fibreuse autour de l'implant. Il s'agit de la contracture
capsulaire. On distingue quatre stades de fermeté qui vont
de l'aspect normal, indétectable, aux formes sévères
de coques avec sein dur, rond, fixé et parfois douloureux.
La fréquence de cette complication ne peut pas être
globalement estimée puisqu'elle varie en fonction de l'indication,
du type de la prothèse et de la technique opératoire.
Cette complication est plus fréquente en cas de prothèse
remplie de gel de silicone.
La coque n'augmente pas le risque de rupture mais expose à
une complication d'ordre esthétique. Une intervention chirurgicale
peut corriger cette contracture par section de la capsule (capsulotomie).
Différents auteurs ont proposé des solutions techniques
pour limiter l'apparition de cette contracture :
o La position de l'implant derrière le muscle pectoral,
o La fabrication de parois rugueuses au niveau de la face externe
de l'implant (prothèses texturées).
Rupture
et dégonflement
Un tel incident survient à la suite d'une altération
de l'enveloppe de la prothèse,
c'est-à-dire du contenant (élastomère de
silicone). Des phénomènes de porosité, d'ouverture
punctiforme ou de véritable brèche peuvent être
en cause et apparaître à la suite d'un traumatisme
violent, parfois d'un défaut de fabrication, mais surtout
du fait de l'ancienneté de la prothèse (phénomènes
d'usure).
Pour une prothèse contenant du sérum physiologique,
il peut aussi s'agir d'un problème d'étanchéité
de la valve de remplissage. Ce type de prothèse subit alors
un dégonflement partiel ou total, rapide ou lent.
S'il
s'agit d'une prothèse pré-remplie de gel de silicone,
le gel reste la plupart du temps dans l'enveloppe fibreuse qui
entoure l'implant (fuite intra-capsulaire). La fuite n'a alors
aucune traduction clinique.
Cependant, ce suintement intracapsulaire peut favoriser l'apparition
d'une coque
péri-prothétique.
Beaucoup plus rarement, en cas de brèche importante en
relation avec un traumatisme violent ou une ponction à
l'aiguille, le gel s'échappe au-delà de l'enveloppe
fibreuse (rupture extracapsulaire). En petite quantité,
il peut provoquer l'apparition d'un granulome à corps étranger
sous forme de nodule (siliconome).
En cas de rupture extra-capsulaire importante (traumatisme), le
gel diffuse dans les tissus avoisinants, le sein prend une consistance
très molle, des réactions inflammatoires peuvent
survenir: l'explantation chirurgicale est alors nécessaire.
D'AUTRES INCONVENIENTS PEUVENT ETRE OBSERVES
AVEC LES PROTHESES MAMMAIRES
Une asymétrie de position des implants peut apparaître
secondairement si la réaction cicatricielle interne déplace
modérément l'implant. Ce déplacement dans
le temps peut s'effectuer qu'il existe ou non une coque associée.
Outre la différence de hauteur des seins, les aréoles
se trouvent également à une différence de
hauteur car ils sont ascensionnés dans le même temps.
- La survenue d'une coque modifie la perception de la prothèse
qui est plus palpable, plus visible et responsable d'un désagrément
pour la patiente. Il faut savoir que cette réaction est
indépendante du geste chirurgical et traduit une réaction
cicatricielle différée, aléa imprévisible
et propre à chaque évolution individuelle.
Bien évidemment, une correction peut être obtenue,
réalisée au mieux par un suivi médical et
par un contact permanent établi avec le praticien.
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